Kisinis Web Art, le site des Arts et des Artistes

Kisinis Web Art, le site des Arts et des Artistes

2005-11-23

Un paiement trop court

- "Vive et légère est ma voisine,
Telle une sauvage féline.
Un seul battement de cils et se déchaîne l'océan,
Emportant tout, et même le temps.
A chacune de nos rencontres mystérieuses,
Mon coeur chavire dans cette houle furieuse."

Il y eut un silence pesant après la lecture de mon nouveau poème. Surpris, je scrutais le regard de Miss pour comprendre ce qui lui avait déplut.

- C'est tout ?!!!, fit-elle, d'une moue dédaigneuse.
- Ben, oui ! J'étais ébahis.
- C'est un peu court pour un poème. Il n'y a pas le compte.
- Mais Miss, un poème est un poème. La longueur ne fait pas la qualité, tout comme dans nombre de domaines.
- Moi, je me donne sans compter et toi aujourd'hui, tu ne m'offres qu'un tout petit poème.
- Il n'a jamais été question d'une longueur précise de poème dans nos échanges. J'y mets tout mon coeur, c'est l'essentiel. Qu'importe le nombre de vers ou même de pieds !
- Cette fois-ci, je n'y trouve pas mon compte et tu ne prendra pas ton pied. Je ferais mieux de me vendre aux enchères sur Internet.
- Ah mais ma chère, c'est sa virginité qu'on vends sur Internet...
- Oh, goujat ! Je suis aussi vierge que toi tu es romantique. Et elle me matraquat rageusement avec un gros coussin.
Mes bras l'enveloppèrent et mes mains se remirent à l'œuvre, mes rires se mêlant à ses cris d'indignation et ses belles boucles noires volaient autour de moi.
- Miss, laisses-moi te charmer avec quelques belles rimes.
- Ôtes tes sales pattes de là ! Tu aura un gros calin quand tu me charmera avec un poème à la bonne mesure.
Elle réussit à s'échapper de mon étreinte tout au bout de son large canapé. Et finalement, je céda à son vif tempérament et son humeur chagrine, me laissant repousser jusqu'à la porte qu'elle claquat magistralement.
- Et c'est pas la peine de revenir avec deux ou trois vers !

Pendant que l'ascenseur redescendait doucement, je soupirais, un peu triste, en pensant à Miss, à ses lèvres ourlées, et aussi à son corsage charmant. Esclave d'un si cruel commerce, je n'avais aucun répit. Mais bientôt j'offrirai à ma muse une nouvelle poésie à sa gloire et à son magnifique talent.
© Michel Kisinis

Libellés : , , , , , , ,

StumbleUpon ToolbarStumble It!
1 Comments:
At 4:27 PM, Anonymous Anonyme said...

Vive les voisines!!!!!!

 

Enregistrer un commentaire

Links to this post:

Créer un lien

<< Home

Google

art blog kisinis